Colophon : comment ce site est fait
Pourquoi
J’ai commencé à bidouiller du web au début des années 2000. L’âge d’or des applets Java, des blogrolls et des flux RSS soigneusement curatés. Ensuite, j’ai connu l’explosion de MySpace, puis Facebook, et le web ouvert a cédé le pas aux jardins clos. Vers 2010, j’ai peu à peu délaissé ma collection de flux RSS pour m’informer quasi exclusivement via des podcasts (The B&B Podcast, ATP, The Prompt, The Talk Show…) et via Twitter, consommé depuis des apps comme Twitterrific, Tweetbot, puis Spring. Ces clients tiers ont tiré tout l’écosystème de Twitter et de l’App Store vers le haut. Ils ont inventé des patterns comme la navigation par sidebar ou le pull-to-refresh (introduit par Tweetie), qu’Apple a fini par adopter.
Le déclin a été lent, puis brutal. Les restrictions d’API limitaient peu à peu les fonctionnalités des clients tiers, certaines étant réservées à l’app officielle, comme les sondages. Puis le rachat est arrivé, et avec lui le shit show : l’arrivée au siège avec un évier (« let that sink in »), le 𝕏 lumineux sur le toit qui empêchait les voisins de dormir, les certifications bleues offertes de force à des gens comme Stephen King et LeBron James qui avaient publiquement annoncé ne plus en vouloir. Puis les prix d’API sont devenus exorbitants, achevant pour de bon les clients tiers et obligeant tout le monde à utiliser l’horrible app officielle. Ce qui était mon outil de veille principal s’est transformé en repère de bots OnlyFans, de trends stupides de clickbait et d’engagement farming, et de propos fascistes décomplexés.
Tout le monde s’est dispersé : certains sur Mastodon, d’autres sur Threads, d’autres sur Bluesky. Certains influenceurs sont hélas restés sur Twitter, les autres se sont répartis entre adeptes du Fédiverse et partisans de l’AT Protocol. Beaucoup en ont tiré la même leçon. On a beau aimer une plateforme, mieux vaut être propriétaire de ses données et garder le contrôle de leur diffusion. Les sites web personnels ont commencé à revenir.
The best time to buy a domain was 20 years ago. The second best time is today.
Avoir un site personnel a toujours été un fantasme. Je n’ai jamais réussi à trouver la légitimité de publier du contenu. Mais ce qui était un rêve éveillé est devenu comme une fatalité. J’ai besoin d’écrire, et pour ça, il me faut un support dont mon tempérament d’éternel insatisfait soit fier.
Technologie
Ce site est construit avec Next.js (App Router) et TypeScript. J’écris le contenu en MDX, c’est-à-dire du Markdown avec des composants React intégrés.
Grâce au MDX, chaque page peut mêler prose et composants React sur mesure. En voici quelques-uns, rendus en direct avec leurs props :
Le pipeline de traitement Markdown repose sur unified avec remark (parsing, GFM, math) et rehype (rendu KaTeX, génération de slugs, liens automatiques sur les titres, guillemets typographiques, gestion des tirets cadratins). next-mdx-remote-client fait le rendu du MDX, et Sugar High la coloration syntaxique.
Oxlint et Oxfmt lintent et formatent le code. Tous deux sont écrits en Rust et s’exécutent en millisecondes, dans un hook pre-commit Husky.
Typographie
Trois polices, chacune avec un rôle :
- Roobert pour les titres. Une sans-serif géométrique.
- PP Neue Montreal pour le corps de texte. Une néo-grotesque. J’ai toujours été attiré par les grotesques, et celle-ci est propre et lisible sans être anonyme.
- Geist Mono pour le code. Conçue pour les terminaux et les éditeurs.
Design
Thème sombre, toujours. La mise en page repose sur un pattern CSS Grid de breakout inspiré par Ryan Mulligan et SmolCSS. Au lieu d’enfermer le contenu dans un container contraint puis de se battre pour en faire sortir certains éléments, chaque enfant se place sur une grille avec des colonnes nommées (content, popout, feature, full) et choisit la largeur dont il a besoin. Les blocs de code débordent en popout, les visuels hero s’étirent en full, et la prose reste en content. Pas de hacks max-width, pas de marges négatives. Stylisé avec Tailwind CSS et shadcn/ui.
Chaque visuel de ce site est du pur code : CSS, Three.js, Canvas. Pas d’images générées par IA, pas de photos de banque d’images. Motion gère les animations, avec un système d’animations séquentielles sur mesure.
Contenu
J’écris chaque texte à la main, en anglais et en français. J’utilise l’IA pour la relecture, jamais pour la rédaction ni l’écriture. Le raisonnement est sur la page /ai.
Le site est bilingue, avec un routage par locale, un sélecteur de langue et des balises hreflang alternatives. Chaque langue a son flux Atom (anglais et français).
Chaque page répond aussi à l’en-tête Accept. En demandant text/markdown ou text/plain, vous obtenez du Markdown au lieu du HTML. Un plugin remark dédié convertit les composants personnalisés en texte brut.
Hébergement et vie privée
Vercel héberge le site. Les analytics viennent de Vercel Web Analytics et Speed Insights. Les deux sont anonymes, ne déposent aucun cookie et ne collectent aucune donnée personnelle. Les détails sont sur la page /privacy.
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